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J. Lapaume
Professeur de littérature étrangère près la Faculté de Grenoble.

Recueil de poésies en patois du Dauphiné,
comprenant notamment :
Grenoblo Malhérou, Dialoguo de le quatro comare, Coupi de la lettra écrita per Blanc dit la Goutta, Grenoble inonda.
La Comare de Garnoblo u mei de le danse. Lo Banquet de le Faye. - Lo Batifel de la Gisen. Dialoguo entre deu comare. Municipalita do Voreppo. - Chanson a l'empero de Franci. Dialoguo de dou paysan de ley Grange. Halengo à Madamo de Bouffier et à soun moussu, etc. etc.
Miscellanées.
Introduction, texte revu et traduit avec commentaires.

Description de l'exemplaire  (Voir : Notes sur la description des ouvrages)

Grenoble, Xavier Drevet, Editeur, 1878
In-8° (216r x 130r mm), [4]-LII-534-[2] pp.
Recueil de poésies en patois du Dauphiné : titre Recueil de
poésies en patois du Dauphiné : reliure
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Notes sur l'exemplaire

Demi basane aubergine, dos lisse orné de filets dorés, lettres « J. M. » dorées en queue.
Mention manuscrite au faux titre : [signature illisible, mais avec J et M] Les Saillands, Gua par Vif, Isère 1882. 

Notes sur l'ouvrage

Cet ouvrage est la publication de 25 pièces en « patois » du Dauphiné, autrement dit en parler de Grenoble et de ses environs.

L'ouvrage se compose de :
- Introduction (pp. I-LII) qui donne une analyse littéraire des 25 pièces. Il s'agit en général d'une mise en forme du récit, presque une paraphrase, plus qu'une analyse proprement dite.
- Transcription des 25 pièces (pp. 1-430), avec traduction en français. Le texte se trouve sur la moitié supérieure et la traduction est en-dessous. Les textes transcrits sont :

I-IV : 4 textes de Laurent de Briançon (pp. 1-151), provenant du Recueil de diverses pièces faites à l'antien langage de Grenoble..., Grenoble, Charvys, 1662. Les notes du Commentaire sont particulièrement développées (pp. 433-479). Elles apportent quelques éclaircissements au texte et, surtout, de nombreuses étymologies et précisions sur le sens des mots utilisés par le poète.

V-VI : Un Noël et une Chanson (pp. 153-158). Il ne donne pas l'origine du premier. La seconde est de Jean Millet. Les notes du Commentaire sont largement développées (pp. 479-486).

VII : Dialoguo de le quatro comare (pp. 159-174), de Blanc-la-Goutte. Dans les notes du Commentaire (pp. 486-488), J. Lapaume affirme que l'on ne possède aucun renseignement sur ce poète, comme s'il ne connaissait pas le travail de Pilot de Thorey dans Grenoble inondé, alors qu'il donne cet ouvrage en référence.

VIII : Epitre sur les réjouissances par lesquelles Grenoble célébra, en MDCLXXXII (1682), la naissance de Monseigr le Dauphin, duc de Bourgogne (pp. 175-202), qu'il n'attribue pas à Blanc la Goutte. Au passage, il considère Laurent de Briançon et Jean Millet comme « les deux maîtres, sans contredit, de notre Parnasse patois. » (p. 488). Ainsi, pour rendre ce texte contemporain de ces auteurs, il modifie l'événement et la date que célèbre cet épitre. Ecrit pour la naissance du Dauphin en 1729, J. Lapaume vieillit le poème de près de 50 ans en l'associant, sans autre raison apparente, à la naissance du duc de Bourgogne en 1682.

IX : Coupi de la lettra ecrita per Blanc dit la Goutta (pp. 203-213)

X : Grenoblo malheirou (pp. 215-250). Cette version du poème fait l'objet de très nombreuses notes dans le Commentaire (pp. 493-519). Nous analysons ci-dessous ces notes.

XI : Grenoblo inonda (pp. 251-276), d'Antoine Reinier.

XII-XXV : diverses pièces du XIXe siècle (pp. 277-430), parmi lesquelles on peut citer celles de N. Ménilgrand, mort à Voreppe en 1816 (n° XII à XX), la Journa do Pechou (n° XXI), qu'il attribue dans le commentaire à M. du Terrail, les poésies de M. Martin, de Sinard (n° XXII), etc. Les notes du Commentaire deviennent très succinctes (pp. 522-534).

- Commentaire (pp. 433-534). Comme on vient de le voir, les notes apportent quelques éclaircissements au texte et, surtout, de nombreuses étymologies et précisions sur le sens des mots utilisés par les auteurs, avec de nombreuses références au latin et au grec. Dans celles consacrées au Grenoblo malheirou, il brosse un panorama du patois de Grenoble et porte quelques jugements de valeur. Il y a des erreurs dans l'impression de cette partie. A partir du n° XII, qui est numéroté XIII dans le Commentaire, il y a décalage de un dans la numérotation. De même, il y un texte imprimé deux fois aux pages 479-482.

Vu l'intérêt et l'importance très variables des notes consacrées aux différents textes dans le Commentaire, il semble que J. Lapaume ait surtout voulu étudier les pièces anciennes de Laurent de Briançon et Jean Millet et l'œuvre de Blanc la Goutte.

Pour le Grenoblo malheirou, l'auteur a voulu rétablir l'orthographe du texte. Pour cela, il part de trois versions contemporaines, dans les ouvrages suivants :
- Poésies en patois du Dauphiné, deuxième édition revue et augmentée, Grenoble, F. Allier père et fils, 1859, texte établi par Colomb de Batines.
- Grenoble inondé, Grenoble, Maisonville, 1859, texte établie par J.-J.-A. Pilot de Thorey.
Poésies en patois du Dauphiné, Grenoble, Rahoult et Dardelet, Editeurs, 1864, illustrée par D. Rahoult, avec une préface de George Sand.
Il considère ces éditions comme fautives et apporte de rectifications en s'appuyant sur les règles d'orthographes et d'étymologies du dialectes grenoblois. Il ne donne malheureusement pas clairement les principes sur lesquels il se fonde pour cela. Le meilleur exemple est qu'il privilégie l'orthographie malheirou, plutôt que les deux formes habituellement utilisées : malherou ou malhérou, en affirmant que « le patois n'emploie jamais d'accents dans le corps des mots. » (p. 493). D'où tire-t-il cette règle ? Remarquons au passage que l'imprimeur du titre, qui n'a sûrement pas lu cette savant dissertation, s'en tient à l'usage et écrit malhérou.
Dans cette étude sur le texte, J. Lapaume ne renvoie jamais à l'édition originale du poème. Je pense qu'il devait aussi la trouver fautive.
Il applique aussi des corrections au Dialoguo de le quatro comare et à la Coupi de la lettra.
Ensuite, il en profite pour égratigner largement les illustrateurs Dardelet et Rahoult (édition de 1864), dont il relève les nombreux contre-sens dans l'illustration du texte. De nombreuses expressions auraient été mal comprises et la gravure correspondante serait ainsi incohérente avec le texte établi par J. Lapaume.
Faisant fi de l'étude biographique de J.-J.-A. Pilot sur Blanc la Goutte dans Grenoble inondé, il tente de reconstituer la personnalité du poète, à partir des quelques éléments qu'il a disséminés dans son texte.
Pour finir, il juge sévèrement Blanc la Goutte, en le situant en bas de la hiérarchie des poètes patoisants grenoblois, loin derrière Laurent de Briançon et Jean Millet. Il lui reproche la forme de son poème, en ne lui trouvant aucune qualité littéraire. Curieusement, et non sans injustice, il attribue cela au manque d'études libérale ou humanités de l'auteur. En effet, il ne trouve aucune des formes classiques à ce poème (épopée ou épître) et fait même appel à Boileau pour le juger. Aujourd'hui, à la différence de J. Lapaume, le charme et l'intérêt que nous trouvons à ce poème proviennent justement de ce que lui reproche notre critique, c'est à dire sa liberté de forme et sa fraîcheur populaire. Il n'est donc pas étonnant qu'il égratigne aussi G. Sand, qui, dans sa préface à l'édition illustrée tant décriée par J. Lapaume, avait pourtant bien compris tout ce que l'on peut tirer de ce texte « digne d'être entendu et goûté de toute la France ».
On peut penser que cette édition du poème par J. Lapaume se veut essentiellement une réponse, un peu polémique, à cette édition illustrée de 1864. La sévérité des critiques me semble s'expliquer par son irritation à l'encontre de la faveur que connaît déjà le poème et son auteur.

J. Lapaume avait fait paraître une première édition de cet ouvrage en 1866 :
Anthologie nouvelle. Recueil de poésies patoises des bords de l'Isère.
Grenoble, Prudhomme, Giraud et Cie, 1866, grand in-8°, LII-600 pp.

Le faux titre ne porte que : « Bibliothèque historique du Dauphiné ».

Le dernier feuillet non chiffré, après la page 534, porte le seul intitulé « Glossaire », comme une page introductive à une suite qui n'est pas présente. La présentation est la même que la page portant « Commentaire » (p. 431) introduisant les commentaires aux pièces en patois. L'absence de pages après cette indication « Glossaire » pourrait laisser penser que l'exemplaire est incomplet. Cependant, les exemplaires décrits par Maignien, à la BNF et à la BMG comportent tous 534 pp., comme celui-ci. On peut penser que la publication de l'ouvrage a été incomplète et qu'elle n'est jamais allée au-delà de cette page.

Une autre hypothèse serait que cette édition n'est que la reprise pure et simple des feuillets d'impression de l'édition de 1866, avec un nouveau titre, et sans les dernières pages. Il faudrait comparer avec un exemplaire de cette édition pour en avoir le cœur net. Ce qui nous amène à penser cela est que l'introduction n'a pas été modifiée et qu'elle est toujours datée du 14 mars 1866. De même, dans le Commentaire, il présente comme étant encore à venir l'édition de 1874 de la Copie de la lettra et du Jacquety de le comare (pp. 504-505).
D'autres indices matériels vont dans ce sens. Dans le premier cahier de l'introduction (signé a), le premier et dernier feuillet ont été remplacés par un autre feuillet, sur un papier un peu plus clair, probablement pour corriger ou modifier quelque chose dans le texte de l'introduction originale. Enfin, le titre et le faux titre sont aussi imprimés sur du papier différent de celui du reste de l'ouvrage.
Ainsi, cette édition aurait été vendue sans les cahiers correspondant au glossaire, mais la page d'introduction serait restée car elle termine une cahier.

Références  (Voir : Liste des sources et références)

Peu de renseignements sur Jean Lapaume. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, essentiellement sur la littérature grecque et latine. Sa thèse, soutenue à Paris en 1849, portait sur Euripide. Il a aussi écrit sous le pseudonyme de J. Palma. Il est l'auteur de :
Réponse de M. Lapaume à M. Crozet, ou Défense du patois de l'Isère par un étranger contre un Grenoblois
Grenoble, impr. de Prudhomme, 1867, in-8° , 39 p (Extrait des Mémoires de l'Académie delphinale) (BNF : 8-X PIECE-1037)

Pour une synthèse sur les publications de Grenoblo Malhérou et des autres poèmes de Blanc la Goutte : notice de l'édition de Courreng.
Première édition du Journa do Péchou.
Première édition de l'Épître en vers, au langage vulgaire de Grenoble, sur les réjouissances qu'on y a faites pour la naissance de Monseigneur le dauphin, à Mademoiselle ***

Maignien (catalogue) : 15854
BMG : T.5293 et Vh.144
BNF : YE-31768 

Si vous avez des questions, n'hésitez pas à m'écrire : bibliotheque.dauphinoise@noos.fr

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