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Stéphane Juge

Stéphane JugeÉtienne Jean Juge, dit Stéphane Juge, est un journaliste français. Il est l'auteur du Guide bleu illustré des Alpes françaises. Dauphiné-Savoie.

Biographie

D'une famille originaire de Villar d'Arène, dans les Hautes-Alpes (son grand-père Jullien Juge y est né en 1795), il est issu d'une branche qui s'est implantée à Anse dans le Rhône. Dans le Guide bleu... (p. 195), il le dit lui-même : "L'auteur de ce guide s'honore de descendre d'une vieille famille d'instituteurs de Villard-d'Arène, dont plusieurs représentants aujourd'hui exercent encore le professorat dans les départements des Hautes-Alpes, de la Loire et du Rhône."

Étienne Jean Juge est né à Saint-Étienne le 27 juin 1860, mais c'est à Anse qu'il passe sa jeunesse. Il se marie à Anse le 25 novembre 1885 avec Marie Paillasseur. Ils ont eu 3 enfants, tous nés à Paris. Destiné au notariat (il se déclare clerc de notaire lors du décès de sa mère en début 1885), il entame dès 1886 une carrière de journaliste, de publiciste pour reprendre la terminologie de l'époque.

En janvier 1886, il reprend la gérance de la société qui publie Le Siècle, mais la société est dissoute en mai. Il est ensuite administrateur de La Revanche (décembre 1886). En 1894, il reprend une agence de presse, le Service central de la presse, installée dans le quartier des journaux, près des Grands Boulevards. Après sans être retiré en 1896, il est journaliste à L’Écho de Paris, au moins jusqu'en 1909.

En parallèle, depuis le milieu des années 1890, il se consacre à l'élevage des chevaux pur-sang. Vers 1906, il devient propriétaire d'un haras à Villechétive, dans l'Yonne, où sa présence est attestée jusqu'en 1911. On le retrouve ensuite installé à Meuvaines dans le Calvados. Enfin, au moins depuis 1931, il est propriétaire d'un haras dans la Sarthe, à la Potardière, sur la commune de Crosmières. La dernière mention que l'on ait de lui est en 1936, lors du recensement à Crosmières.

Stéphane Juge alpiniste

La carrière de Stéphane Juge comme alpiniste semble être de courte durée. En mars 1893, il devient membre de la Société des Touristes du Dauphiné. Dans les bulletins de cette Société, quelques-unes de ses courses sont répertoriées. Parmi les plus importante, on peut évidemment citer la Meije, réalisée depuis la Grave avec les guides Louis Faure et Jules Mathon le 18 août 1893. Preuve de ses entrées dans la presse parisienne, cette course, certes difficile, a fait l'objet d'annonces dans La Croix, Le Figaro, etc. Il en a donné le récit dans plusieurs journaux et les extraits en sont repris dans le Guide. Là où il s'est distingué, c'est qu'il a été un des promoteurs du tourisme d'hiver dans les Alpes, en particulier par une excursion qu'il a faite en février 1895 à la Grande-Chartreuse, Bourg d'Oisans, La Grave, Le Lautaret et Briançon, avec l'ascension du Grand-Galibier le 22 février 1895. Il en a donné le récit en 4 articles parus dans Le Temps les 6, 7, 9 et 15 mars 1895. Il était associé dans ce voyage à Eugène Tézier, le dessinateur. Il se trouvait ainsi intégré au sein de la communauté des alpinistes dauphinois. Il est par exemple présent à l'inauguration du refuge Evariste-Chancel le 26 août 1894 où " le Dr Vagnat, maire de Briançon, président de la section de Briançon a fait au milieu d'applaudissements unanimes l'éloge de M. Stéphane Juge, Paul Guillemin et autres alpins et alpinistes dévoués".

Ses courses des saisons 1894 et 1895 sont plus modestes. En 1894, ce sont le Glacier du Mont-de-Lans, le Col d'Arsine, le Col des Ayes et le Col d'Izoard. En 1895, en dehors de la course hivernale au Grand-Galibier, il ne met que la Meije centrale à son palmarès, le 2 mai 1895, et la Barre des Écrins par la face nord (la plus facile) en juillet. Après cette date, il n'est plus fait mention de lui. Nous n'avons trouvé aucune mention de son nom et de ses activités dans les Annuaires du Club Alpin Français.

Au même moment, en 1894, il fait paraître un Guide bleu illustré des Alpes françaises. Dauphiné-Savoie, qui, malgré son titre, est très largement consacré aux Alpes dauphinoises. Il y reproduit le récit de son ascension de la Meije. La critique de Paul Ginisty dans Gil Blas, le 3 août 1894, le décrit : " il a la passion de la montagne et il a escaladé tous les sommets, toutes les cimes. Son ascension du redoutable pic de la Meige, le plus redouté des pics, fit même quelque bruit l'an dernier." Je pense qu'il faut faire la part de l'échange de bons procédés dans cette appréciation. Une deuxième édition en est donnée en 1896, au moment même où son nom cesse d'apparaître dans les bulletins de la Société des Touristes du Dauphiné. 

En résumé, une carrière d'alpiniste courte, sans faits marquants, si ce n'est les nombreux articles et l'ouvrage qui en sont résultés. Nous ne connaissons pas la raison de son désintérêt. Problème personnel l'empêchant de se consacrer à l'alpinisme ? Sentiment que l'opportunité personnelle que cette activité pouvait lui apporter ne s'est pas concrétisée au sein d'un milieu alpiniste dauphinois, en même temps ouvert et en même temps de plus en plus exigeant sur le niveau d'excellence pour être reconnu ? Le temps des pionniers et des "touristes" était passé. Les années 1895 sont celles d'une nouvelle génération, les Thorant, Reynier, Gravelotte, etc. qui ouvraient des voies rocheuses beaucoup plus exigeantes que les courses précédentes. Dans le bulletin 1896, de la Société des Touristes du Dauphiné, son ouvrage est référencé, sans commentaire (p. 305), dans une Bibliographie topographique de la région (pp. 291-316). Plus loin, au détour d'un commentaire sur le guide de A. Weissen, Guide du touriste en Savoie, 1889, le coup de grâce est donné : "Publication peu sérieuse, très supérieure toutefois au Guide-Bleu de S. Juge. " Visiblement, il n'avait pas trouvé que des amis au sein de la Société des Touristes du Dauphiné.

Bibliographie

Stéphane Juge est l'auteur de 3 ouvrages :
Paris-exposition, guide des étrangers dans Paris, Paris, J. Strauss, 1889
Guide bleu illustré des Alpes françaises. Dauphiné-Savoie, Paris, Librairie du Service central de la Presse, 1894 (2e édition en 1896)
La paix de 1916. Dernière guerre en EuropeParis, Librairie française, 1915 (3 éditions) : "M. Stéphane Juge, La paix de 1916 – La dernière guerre en Europe, se montre fort annexionniste. Il ne veut pas que le Rhin soit indivis entre la France et la Prusse. Il voit dans la continuation de la Quadruple-Entente le tribunal international de l'Humanité, où toutes les discordes devront être examinées. Dans ce travail, au reste très bien exposé, son patriotisme rêve de l'âge d'or, et en voit la promesse dans cette guerre d'enfer. Il est à craindre que son optimisme ne l'égare un peu au pays des chimères. Mais avec lui, du moins, la route est attrayante." L'Intermédiaire des chercheurs et curieux, juillet 1915.

Ouvrages de cet auteur sur ce site

Guide bleu illustré des Alpes françaises. Dauphiné-Savoie.

Sources  (Voir : Liste des sources et références)

Il n'existe aucune notice biographique de Stéphane Juge. J'ai constitué cette notice à partir de :
- recherches dans l'état civil de Saint-Etienne, Anse (Rhône) et Paris.
- recensements Villechétive (Yonne) et Crosmières (Sarthe).
- informations trouvées grâce à Gallica, Google Books et Archive.org, recoupées et synthétisées. Je tiens à disposition le détail de ces informations.

Généalogie : Stéphane Juge
Généalogie de la famille Juge