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Eugène Tézier

Eugène Tézier est un illustrateur dauphinois qui a été très actif à la fin du XIXe siècle dans le petit monde des alpinistes et touristes dauphinois. Proche de Paul Guillemin, d'Emile Roux-Parassac, d'Henri Second et du libraire-éditeur Félix Perrin, il a illustré nombre de leurs ouvrages ou publications.

Liste non exhaustive des ouvrages où apparaissent une de ses illustrations :
Paul Guillemin : Le Dauphiné et les Dauphinois dans la charge et la caricature, Grenoble, 1897. Lettre de M. Henri Second à l'auteur, illustrée d'un fusain de Tézier.
Henri Second : En plein soleil, Grenoble, H. Falque et F. Perrin, 1900
Emile Roux-Parassac : Etudes Dauphinoises Contemporaines. I. Paul Guillemin, Paris, 1904. Contient un portrait-charge de Paul Guillemin par E. Tézier.
Emile Roux-Parassac : L'Alpinisme populaire. Le Rôle social de l'Alpinisme, Grenoble, 1904. La vignette au titre est signée Tézier.

Il est l'auteur d'un ouvrage illustré, complété de textes d'Henri Second : Nos Alpins, Grenoble, Librairie Dauphinoise, H. Falque & Félix Perrin, 1898. C'est le seul ouvrage qu'il a signé de son nom.

Avant cela, il a collaboré à de nombreux journaux humoristiques, comme le Journal Amusant, à partir de 1887-1888 Ces quelques liens donnent une idée du style graphique et de l'esprit des dessins d'Eugène Tézier (source : Gallica) :
Le journal amusant, n° du 15 septembre 1894 : cliquez-ici.
Le journal amusant, n° du 3 novembre 1894 :  cliquez-ici.
Le journal amusant, n° du 19 janvier 1895 : cliquez-ici.
Pendant 10 ans, il traça les portraits des Hommes du jour du Charivari.

Il a signé en 1903 et 1904 deux séries de Figures Dauphinoises Contemporaines : 20 cartes postales, dont son autoportrait (voir ci-dessous celles de Charles Bertier et Auguste Vagnat). Chacune de ces cartes postales est accompagnée de quelques lignes pour définir la personne, lignes signées soit d'E.Roux-Parassac soit de H.Galoy ou P.B. (Paul Berret).

Il a fait également beaucoup de cartes satirico-politiques sur le plan national dans les années 1903-1906 sous les pseudonymes successifs de Taillefer puis Rostro.

Selon Ch. Fontane, "l'œuvre maîtresse de l'artiste, qui avant tout est un excellent paysagiste, est la décoration du Terminus de Briançon représentant les Alpes en deux panneaux mesurant chacun 8 mètres de longueur sur 3 de hauteur." Henri de Vinante est plus précis : "M. Noblemaire [directeur de la compagnie PLM] a chargé Tézier de faire deux panneaux au buffet du Terminus Hôtel de Briançon. Ces deux tableaux ont été vivement admirés en juillet dernier, au moment de la réunion du Club Alpin.
L'un représente le Col du Lautaret. Au premier plan, un chasseur regarde au loin la vallée. On reconnaîtra facilement dans la figure du chasseur celle du peintre lui-même. Non loin de là, devant une grange se tient un groupe de chasseurs amis. Dans le fond, la Meije dresse sa cime rocheuse au-dessus des glaciers.
L'autre panneau représente le Monêtier-de-Briançon, un des paysages préféré du peintre. Au premier plan, on voit le village avec quelques sapins, et, dans le fond, le glacier du Monêtier. Ces deux panneaux nous montrent dans toute leur splendeur les paysages alpestres et leurs habitations."
Ces tableaux semblent avoir disparu.

Quelques exemples des productions d'Eugène Tézier (hors Nos Alpins, qui fait l'objet d'une notice spécifique, voir ci-dessous) :


Henri Second (1897)
Eugène Tézier: Henri Second
Paul Guillemin (1904)
Eugène Tézier : Paul Guillemin
Charles Bertier
Eugène Tézier : Charles Bertier
Auguste Vagnat
Eugène Tézier : Auguste Vagnat
Emile Roux-Parassac
Eugène Tézier : Auguste Vagnat
 
Carte publicitaire :
L'Hôtel de la Meije, à La Grave (1896)

Hotel de la Meije
Vignette :
L'alpinisme social (1904)

Eugène Tézier

Plaquette (1894)

Eugène Tézier

Dessin

Eugène Tézier
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Il s'est souvent représenté dans ses premiers dessins signés Tézier. Nous reproduisons ci-dessous 4 autoportraits.
- dans une caricature, avec envoi à Ch. Fontane, sous le pseudonyme de Rostro qu'il utilisera pour sa production de cartes postales satirico-politique dés 1903.
- dans sa série de Figures Dauphinoises contemporaines, sous le pseudonyme d'Amoratti.
- en illustration de l'article d'Henri de Vinante.
- en vignette sur la page de titre de Nos Alpins (c'est une hypothèse de ma part, mais il y a une grande ressemblance et cela semble être une des ses habitudes de se représenter dans ses œuvres comme il l'avait fait aussi au Lautaret pour le tableau de l'hôtel Terminus de Briançon).

Eugène Tézier: autoportrait Eugène Tézier: autoportrait Eugène Tézier: autoportrait Eugène Tézier: autoportrait
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Un lecteur du site m'a signalé qu'Eugène Tézier a contribué au "Journal Rose, magazine illustrée des fillettes" des années 1912 et 1913. Ce magazine de 16 pages paraissant le mercredi et le samedi, aux éditions Jules Tallandier, Paris, 14e, est peu connu car sa parution a été de courte durée (1912 à 1914). Cependant, il est d'un grand intérêt iconographique, grâce à la collaboration régulière d'illustrateurs comme Benjamin Rabier, Henri Thiriet, Jal,..., et Eugène Tézier présent dans chaque parution, à la dernière page, titrée "Mémoires de sac à puces". Exemple, avec sa signature caractéristique en bas à droite :

Première page

Eugène Tézier: Le Journal Rose
Dernière page illustrée
par Eugène Tézier

Eugène Tézier: Le Journal Rose
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Quelques éléments sur l'ascendance et l'histoire familiale d'Eugène Tézier

Eugène Louis Tézier est né à Grenoble le 10 août 1865 du mariage de Jean Pierre Tézier, pasteur de l'Eglise réformée et de Louise Amélie Weber. Du côté de son père, son ascendance se concentre dans deux petits villages de la Drôme valentinoise, Montmeyran et La Baume-Cornillane, dans la partie protestante du département, au nord de Crest. Du côté de sa mère, il est d'origine genevoise, même si Louise Amélie Weber est née à Rio-de-Janeiro. Elle est la fille de Joseph Weber, dont on ne sait rien, et de Jeanne Louise Dunant, née vers 1816 à Genève.Selon Henri de Vinante, "il descend du grand musicien Weber". Je n'ai rien turvé qui confirme cela.

Son père, Jean Pierre Tézier, a probablement fait ses études de théologie protestante à Genève, ce qui lui a permis de rencontre son épouse. Le mariage a eu lieu à Plainpalais, qui était alors un quartier de Genève, le 14 décembre 1864. On trouve ensuite le couple à Grenoble, où Jean Pierre Tézier est pasteur, de 1865 à 1867, puis dans un petit village de la Drôme, en plein pays protestant : Crupies. Jean Pierre Tézier y a été pasteur depuis 1868, jusqu'à une date indéterminée, mais au-delà de 1905, dernière mention que l'on connaisse. Son épouse est décédée à Crupies le 19 novembre 1895. Etonnant destin de cette femme née à Rio-de-Janeiro et décédée dans ce petit village de la Drôme. Sa mère, Jeanne Louis Dunant, était venue la rejoindre. Elle y est décédée le 8 mai 1901 à 85 ans. Pour revenir à son père, Jean Pierre Tézier est né à La Baume-Cornillane le 14 août 1832 de la relation de Jean Pierre Tézier (Montmeyran 5 mais 1800 - Montmeyran 16 janvier 1861) et Marie Anne Tutier (Montmeyran 26 décembre 1813  - Montmeyran 20 février 1886), qui ont ensuite régularisé leur situation par un mariage à La Baume-Cornillane le 14 janvier 1835. Le couple a passé toute sa vie à Montmeyran, comme propriétaires et cultivateurs au quartier Mourayer.

Le 26 mai 1900 à Paris, IIe arrondissement, Eugène Tézier a épousé Marguerite Degoy, une jeune modiste de 18 ans (il a alors 35 ans), née à Paris (XVe) le 24 avril 1882. Au moment de son mariage, il habitait 21bis rue Pierre Leroux, dans le VIIe arrondissement. Auparavant, il habitait dans le Xe arrondissement, 9 rue de Belzunce.

On trouve encore mention de lui lorsqu'il est témoin au mariage de sa sœur à Crupies (Drôme) le 14 septembre 1905. Il est toujours domicilié à Paris. En dehors des contributions aux journaux cités ci-dessus, on perd sa trace après cette date. Son épouse est décédée à  Montceaux-Ragny (Saône-et-Loire) le 11 juin 1946.

Eugène Tézier avait un frère jumeau, Jean : "Eugène et son frère jumeau Jean furent élevés ensemble au collège de Valence où leur amitié, comme leur ressemblance, est demeurée proverbiale. Leurs dispositions artistiques se révélèrent de bonne heure.", nous dit Henri de Vinante. Ils montèrent ensemble à Paris. "Jean, le poète, qui était plein de promesses pour l'avenir, succomba à la tâche, et ce fut un bien cruel chagrin pour son frère." Il est en effet mort le 3 novembre 1889 à l'hôpital militaire du Gros-Caillou (ParisVIIe) alors qu'il était soldat au 4e régiment d'infanterie.

Signature d'Eugène Tézier sur son acte de mariage
Eugène Tézier: signature

Ouvrages de cet auteur sur ce site

Nos Alpins

Sources  (Voir : Liste des sources et références)

Etat civil de la Drôme, de Grenoble et de Paris.
BNF et CCFr.

Articles :
Eugène Tézier, par Henri de Vinante, dans Les Alpes pittoresques (juin 1902). L'article le plus documenté sur la vie d'Eugène Tézier et sur sa contribution au Dauphiné.
Portraits à l'encre, par Ch. Fontane dans Le Cartophile, n° 33, juin 1903. Article plus complet qui aborde aussi bien son travail "dauphinois" que ses caricatures, illustré de l'autoportrait ci-dessus.
Figures Dauphinoises Contemporaines, dans le n° 58 des Alpes Pittoresques du 15 octobre 1903 sous la rubrique : Echos Mondains, qui annonce la première série de la publication des Figures Dauphinoises Contemporaines.
Un inconnu célèbre ! Rostro, par Bruno de Perthuis, dans Cartes Postales et Collections, paru en juin 2005 (pp. 16-25). Article sur les caricatures politiques de Rostro, publiées entre 1903 et 1904. L'auteur fait le lien avec Tézier, mais sans fournir plus d'éléments sur lui.

Renseignements et références fournis par deux lecteurs du site, que je remercie ici. Si vous avez des renseignements complémentaires, n'hésitez pas à m'écrire (CONTACT), je mettrai à jour cette page avec vos informations.

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