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Jules Ollivier

Jules Ollivier, magistrat, se consacra surtout aux études historiques, avec un attrait particulier pour la bibliographie et l'histoire littéraire du Dauphiné.

Louis Jules Antoine Ollivier, est né à Valence le 4 ventôse an 12 (24 février 1804), fils de François Antoine Joseph Ollivier (Loriol (Drôme) 21 juin 1762 – Allex (Drôme) 10 septembre 1839), avocat général, conseiller à la Cour de Cassation, député de la Drôme de 1804 à 1815, puis de 1820 à 1823, chevalier de la Légion d'Honneur et de Marie Thérèse Julie Drevon.

Après des études de droit à Paris, où il s'intéressa plus aux livres qu'au droit, au grand désespoir de son père, il est nommé juge à Largentière (Ardèche) en 1829, puis à Valence en 1831. « Il se fit auteur et paya sa bienvenue à Valence » en publiant en 1831 des Essais historiques sur la ville de Valence. Ensuite, « il fonda en 1836 la Revue du Dauphiné, belle et noble entreprise qui se plaça dès son apparition, par le caractère sérieux de sa rédaction, au nombre des meilleures publications de ce genre. Elle donna une forte impulsion aux études historiques dans notre province; un grand nombre de laborieux investigateurs s'empressèrent d'y publier d'utiles travaux; Ollivier lui-même, usant largement du pouvoir discrétionnaire que lui donnait sa qualité de directeur, y inséra quantité d'articles [...]. Son activité ne s'en tint pas à cette création importante; il fut, en 1837, l'un des fondateurs de la Société de statistique de la Drôme et s'efforça d'en diriger les travaux vers les sciences historiques de préférence au mûrier et au vers à soie. Il commença aussi la même année avec [Paul] Colomb de Batines, qui s'était fait son Pylade, les Mélanges biographiques et bibliographiques relatifs à l'Histoire littéraire du Dauphiné. C'était sous ce titre, et sous la forme d'articles séparés et sans liaison entre eux, qu'il se proposait de publier le résultat de ses investigations sur la biographie et la bibliographie de la province. Mais ayant bientôt conçu le projet d'en faire deux ouvrages distincts, il abandonna cette publication après en avoir donné un volume seulement».

Après avoir été transféré en 1838 au tribunal de Grenoble, « Ollivier se livra en effet au travail avec une nouvelle ardeur; ce fut l'ère la plus brillante de la Revue, celle où il l'enrichit de ses meilleurs articles. Malheureusement, ni son zèle, ni celui de Colomb de Batines qu'il s'était adjoint en qualité de directeur, ne purent prolonger son existence au-delà de la fin de 1839. A cette époque, ses accointances avec des partisans des idées napoléoniennes qui lui occasionnèrent de fort désagréables tracasseries, puis le nombre insuffisant des abonnées, l'obligèrent de laisser s'éteindre cette utile publication qui n'a pas été reprise depuis, et ne le sera peut-être jamais, au grand regret de tous les amis des lettres dauphinoises ».

Dans cet extrait, Rochas fait allusion à deux projets de Jules Ollivier. Le premier était une Biographie du Dauphiné pour laquelle « il engagea Colomb de Batines à publier le Catalogue des Dauphinois dignes de mémoire ». Seule la première partie, des lettres A à J, a paru en 1840. Le deuxièmes projet était une Bibliothèque historique du Dauphiné, « contenant la nomenclature, par ordre de matières, de tous les ouvrages imprimés ou manuscrits relatifs à l’histoire de cette province ». Ce deuxième ouvrage est resté sous forme de manuscrit, aujourd’hui à la bibliothèque de Grenoble. Tous ces projets ont été arrêtés par la mort prématurée de Jules Ollivier. Sa riche bibliothèque, dont les 18 volumes de manuscrits qu'il laissait, a été achetée en 1842 par la ville de Grenoble, malgré le désaccord du préfet de l'Isère.

Membre de la Société de Statistique des Sciences naturelles et des Arts industriels du département de l'Isère, il n'a publié qu'un seul mémoire Introduction à l'étude de la statistique du département de l'Isère, suivie d'un essai de classification bibliographique renfermant l'indication de tous les documents nécessaires à la rédaction d'une statistique de l'Isère, , communiqué lors de la séance du 5 juin 1839 ( 1re série, tome I, 1841, pp. 147-161) (voir ici).

En 1840, il eut maille à partir avec la police et les autorités à cause de ses accointances bonapartistes et aussi, peut-être, comme neveu du conspirateur Paul Didier, dont il aurait hérité des papiers pouvant compromettre le pouvoir de l'époque. Il est suspendu 6 mois et menacé d'être nommé dans les colonies.

Il est mort à Grenoble le 20 avril 1841 à Grenoble, usé par "l'étude et les plaisirs".  Il avait épousé Euphrosine Bonnau à Grenoble le 7 octobre 1839 et laissa à sa mort une fille Juliette, née à Grenoble le 29 août 1840, qui sera religieuse visitandine.

Le jugement de Rochas sur le travail de Jules Ollivier est sévère. Il reconnaît que « exhumer un livre oublié et le faire connaître était pour lui un bonheur; aussi, ses articles critiques, ceux surtout relatifs à nos vieux auteurs, sont ses meilleures productions ». Il est plus réservé sur son style : « sa phrase trop travaillée et péniblement construite et, en général, lourde et embarrassée; ses expressions recherchées visent un peu à l’effet ». Pour finir, il assène le coup de grâce : « Quant à ses connaissances historiques, il avait encore beaucoup à apprendre ». Selon A. Rochas, son article sur la querelle de Térisse et de Terrasson paru dans le tome I de la Revue du Dauphiné est « son chef d'oeuvre ».

Dans Rochas, la bibliographie de Jules Ollivier contient 12 numéros et de nombreux articles. Auteur de 19 articles de l'Album du Dauphiné, il en est un des collaborateurs les plus actifs avec Jean-Joseph-Antoine Pilot de Thorey. Certains de ces articles avaient été auparavant publiés dans la Revue du Dauphiné. Il a publié une belle notice nécrologique sur son père.

Nous ne lui connaissons pas de portraits.


Signatures de Jules Ollivier et Euphrosine Bonnau
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Ouvrages de cet auteur sur ce site

Essai sur l'origine et la formation des Dialectes vulgaires du Dauphiné
Correspondance littéraire de Valbonnays
Mélanges biographiques et bibliographiques relatifs à l'histoire littéraire du Dauphiné
Mélanges biographiques et bibliographiques relatifs à l'histoire littéraire du Dauphiné. (Exemplaire Eugène Chaper).
Revue du Dauphiné

Articles dans l'Album du Dauphiné (voir la liste).

Sources  (Voir : Liste des sources et références)

Rochas, II, pp. 198-205
Brun-Durand, II, pp. 206-209.
Généanet : généalogie de la famille Ollivier
Etat civil de Grenoble