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Bulletins de la Société de Statistique des Sciences naturelles et des Arts industriels du département de l'Isère

Tête de collection : 1838-1846 et 1851-1856.

Description de l'exemplaire  (Voir : Notes sur la description des ouvrages)

Voir description des volumes ci-dessous. Bulletin de la Société de Statistique des Sciences naturelles et des Arts industriels du département de l'Isère : titre Bulletin de la Société de Statistique des Sciences naturelles et des Arts industriels du département de l'Isère : titre Bulletin de la Société de Statistique des Sciences naturelles et des Arts industriels du département de l'Isère : reliure
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Notes sur l'exemplaire

Reliure uniforme demi-basane vert bouteille, dos lisse orné de filets dorés, fleurons à froid.

Notes sur l'ouvrage

Tête de collection des Bulletins de la Société de Statistique des Sciences naturelles et des Arts industriels du département de l'Isère, comprenant 7 volumes : 1re série (4 volumes : 1838, 1841, 1843 et 1846) et le début de la 2e série (3 volumes : 1851, 1854 et 1856). La 2e  série contient 4 autres volumes, absents de cet exemplaires (1860, en 2 tomes, 1861 et 1864).

La Société de Statistique des Sciences naturelles et des Arts industriels du département de l'Isère a été fondée à Grenoble en 1838, autour de quelques personnalités scientifiques du département : les frères Albin et Scipion Gras, Crozet, etc. Dès sa création, elle a publié un bulletin de ses travaux.

Elle se distingue de l'Académie delphinale, qui venait d'être réactivée en 1836, en donnant plus de place aux sciences naturelles et aux études statistiques. La présence de l'histoire, souvent prépondérante dans ces sociétés savantes, est moindre, surtout si on excepte les nombreuses études de J.-J-A. Pilot sur l'histoire municipale de Grenoble. Il est aussi probable qu'elle se distingue pas sa composition, moins littéraire et juridique, moins aristocratique et "oisive", mais plus représentative de la bourgeoisie montante, mélange de représentants du système éducatif d'excellence de l'époque (ingénieurs, polytechniciens, médecins, universitaires), de représentants des affaires et de l'industrie et des administrateurs. Il y a cependant quelques personnalités comme Scipion Gras, Jules Ollivier, Crozet qui se retrouvent dans les 2 sociétés. De même, les ecclésiastiques étaient moins nombreux dans cette société, alors que l'on note la présence discrète de quelques francs-maçons (voir : La culture en partage, Jean-Guy Daigle, 1977, en particulier les pp. 138-157 sur les deux sociétés au milieu du XIXe siècle).

De nombreux mémoire ont ensuite fait l'objet de tirés à part. Seuls ceux concernant les textes que j'ai relevés sont cités.

Descriptions détaillées de ces 7 premiers volumes :

Première série :

Tome I

Grenoble, Imprimerie de Prudhomme, 1838, in-8° (210r x 130r mm), 485 pp., 6 planches lithographiques hors texte in fine, chacune accompagnée d'un feuillet explicatif non paginé, une planche dépliante hors texte (p. 54).

L'introduction : But et règlement de la société (pp. 5-6) présente les objectifs de la Société à sa création : « Une société ayant pour but spécial l'étude de la statistique et des sciences utiles manquait au département de l'Isère. [...] C'est afin d'atteindre ce but que quelques citoyens de Grenoble, à la tête desquels s'est placé M. Pellenc, préfet de l'Isère, se sont réunis et ont fondé une société qui doit s'occuper principalement de statistique, c'est-à-dire de tous les faits et de toutes les connaissances scientifiques ou littéraires intéressant le département. ». Le règlement élaboré alors et adopté en août 1838 suit (pp. 6-10). Cette partie introductive se termine par la composition du bureau, qui donne ainsi la liste des principales personnalités à l'origine de la Société :  M. Cournot , recteur de l'académie (président), M. Crozet, ingénieur en chef des ponts et chaussées (vice-président), M. Scipion Gras, ingénieur des mines (secrétaire), M. Albin Gras, docteur-médecin (vice-secrétaire), M. Ruelle, payeur du département (archiviste) et M. Giroud, receveur général (trésorier).

L'ouvrage est ensuite organisée par séance, depuis la première, le 19 novembre 1838 jusqu'à celle du 19 juin 1840. Chacune débute par un compte-rendu rapide : décisions, nouveaux membres, vie de la société, etc., puis se poursuit par une transcription de quelques communications. Enfin, certaines contiennent des Extraits d'ouvrages et de journaux, intéressant l'Isère et parfois le Dauphiné.

Quelques communications intéressantes dans ce 1er tome :

Essai sur la topographie médicale de la ville de Grenoble, par Albin Gras (séance du 9 mars 1839 - pp. 58-63). Cette notice est la reprise de celle publiée par Dominique Villars en 1787, complétée et mise à jour des « nouvelles observations [qui] ont été faites, et plusieurs des éléments statistiques antérieurs à la révolution [qui] ont été changés ou modifiés ».

Notice sur les restes de la voie romaine de l'Oisans, par Scipion Gras (séance du 13 avril 1839 - pp. 104-109). Dissertation rapide sur le tracé probable de la voie romaine qu'il fait passer par Brandes. Cet exposé contient une description précise, peut-être la première, de la porte de Bons, qui a été reprise en note dans l' Essai descriptif sur l'Oisans, d'Aristide Albert (pp. XIV-XVI).

Introduction à l'étude de la statistique du département de l'Isère, suivie d'un essai de classification bibliographique renfermant l'indication de tous les documents nécessaires à la rédaction d'une statistique de l'Isère, par M. Jules Ollivier (séance du 5 juin 1839 - pp. 147-161). C'est un essai de bibliographie des ouvrages manuscrits ou publiés pouvant fournir des éléments intéressants l'Isère. On y trouve référencer les ouvrages classiques : Fontanieu, Allard (« une foule de productions médiocres »), Beguillet et Guettard (ils « réunirent, en 1782, tout ce que l'on avait écrit jusqu'à eux sur la description du Dauphiné, et produisirent une œuvre remarquable par son luxe typographique, mais dont la valeur intrinsèque eût été plus considérable s'ils eussent eu une connaissance plus approfondie de la contrée sur laquelle ils exerçaient leur plume »), Perrin-Dulac (« son extrême rareté [la] place parmi les curiosités bibliographiques »), Haussez, etc.

Une rubrique a été créée pour donner des Extraits d'ouvrages et de journaux, « Afin d'augmenter l'utilité et la variété du Bulletin, le comité de publication y insérera successivement en entier ou par extrait ce que les recueils périodiques, anciens ou nouveaux, les ouvrages devenus rares et les manuscrits non publiés renferment de plus intéressant sur la statistique, l'industrie et l'histoire naturelle du département de l'Isère. Le Bulletin deviendra ainsi le répertoire complet d'une foule de documents précieux jusqu'à présent peu connus ou inédits. » (p. 114). Ce peuvent être des extraits d'ouvrages déjà anciens, mais qui gardent un intérêt pour la statistique du département.

Dans cette rubrique, ont été, en particulier, publiés :
Rapport de M. Pellenc, préfet de l'Isère, au conseil général, dans sa session de 1839 (Extrait du Procès-verbal des délibérations du conseil général du partement de l'Isère, session de 1839.) (pp. 228-288), qui donne un panorama complet du département de l'Isère à cette date, avec, en particulier, un long développement sur les enfants trouvés.
Notice sur le mont Braisier entre Serres et Laragne (Hautes-Alpes), par M. du Boisaymé, correspondant de l'institut. (Extrait des Annales de chimie et de physique, tome 18.) (pp. 319-328)
Observations de météorologie et de botanique sur quelques montagnes du Dauphiné, par Villard. (Extrait du Journal de physique, tom. 22, pag. 269. ) (pp. 345-358). Ce texte est initialement paru en 1783. « En parcourant les montagnes de cette province pour connaître les riches productions végétales qu'elle renferme, j'ai souvent regretté de n'avoir pu porter avec moi un baromètre, un thermomètre et un hygromètre, pour joindre à mes recherches des observations météorologiques, toujours intéressantes à la physique, et souvent nécessaires à la médecine. » Ce sont essentiellement des mesures barométriques liées à des observations sur les étages de végétation selon l'altitude. Les observations, faites en septembre 1781, se concentrent autour d'une ascension du Vieux-Chaillol, dans le Champsaur.

Le dernier mémoire de ce premier bulletin est un important travail d'Albin Gras : Description des mollusques fluviatiles et terrestres du département de l'Isère (séance du 19 juin 1840 - pp. 402-477). Cet article est illustré par les 6 planches lithographiques en fin d'ouvrage, chaque planche étant complétée par un feuillet explicatif.

Ce premier bulletin de termine par : Table des hauteurs au-dessus du niveau de la mer de divers lieux situés dans le département de l'Isère ou sur ses frontières (pp. 479-482). Il s'agit d'un long tableau qui donne l'altitude de nombreux points du départements : villes, cols, lacs, sommets, etc. Pour chaque altitude, la référence est donnée :« Cette table est la plus complète de toutes celles qui ont été publiées jusqu'à présent. Les hauteurs suivies de l'abréviation trig. ont été calculées trigonométriquement, et empruntées pour la plupart à la Description géométrique de la France, par M. Puissant. Les autres sont le résultat d'observations barométriques, et ont été extraites des ouvrages suivants : sur la Géologie et la Minéralogie du département, de l'Isère, par M. Gueymard, 1830; Mesures barométriques, par M. Guerin, 1819; Journal de physique, tome LXV; 1807; Description générale du département de l'Isère, par Perrin-Dulac , tome Ier, 1806. ». On y trouve aussi de nombreuses mesures faites par D. Villars. Le point culminant, annoncé comme le point culminant de la France, est le Grand-Pelvoux, à 4105 m. Autour de la Grave, sont données les altitudes du Goléon (3429 m.), des Trois Ellions (3511 m.) et parmi les autres sommets notables, l'Olan (3898 m.).

Table des matières (pp. 483-485)

Il est fait plusieurs fois référence à la lecture d'un « mémoire sur l'ornithographie du département de l'Isère », par M. Bouteille, dont seul un simple résumé est donné dans ce bulletin. Cela doit former la matière de son Ornithologie du Dauphiné.

Tome II

Grenoble, Imprimerie de Prudhomme, 1841, in-8° (210r x 135r mm), 504-[6] pp., 2 planches gravées hors texte dont une dépliante, un grand plan dépliant hors texte in fine.

Comme le précédent, l'ouvrage est organisé par séances, qui couvrent celles du 20 novembre 1840 au 16 décembre 1842. Il contient aussi des extraits d'ouvrages et de journaux.

Quelques communications intéressantes dans ce 2e tome :

Note statistique sur les eaux minérales du département des Hautes-Alpes, par Scipion Gras (Séance du 20 novembre 1840 - pp. 6-13). L'auteur étudie plus particulièrement les eaux du Plan de Phazy, à Risoul, et de Monêtier-les-Bains.

Notice historique sur Villars, par M. le docteur Albin Gras (Séance du 26 février 1841 - pp. 177-185). Une notice biographique qui est une synthèse des notices et renseignements autobiographiques que Dominique Villars a communiqués dans ses ouvrages et de la notice biographique de Ladoucette. Se termine par une bibliographie de 20 numéros.

Exploitations immémoriales des montagnes d'Huez en Oisans, (Isère), par M. Héricart de Thury. (Extrait du Journal des Mines, tom. 22, pag. 281.) (pp. 248-273). Concerne les mines de Brandes, du Lac Blanc et de l'Herpie.

Notice sur les anciennes rues et sur un ancien plan de la ville de Grenoble, avant son agrandissement par Lesdiguières, en 1592, par J.-J. Pilot (séance du 18 décembre 1841 - pp. 285-331). Etude qui s'avère être une histoire des rues et places de Grenoble.

Recherches sur l'histoire municipale de Grenoble, par J.-J. Pilot (séance du 16 décembre 1842 - pp. 427-501). Début de la publication de cette histoire municipale qui a fait l'objet d'un tiré à part (voir ci-dessous).

Tables des matières (pp. 503-504).

Les 6 dernières pages non chiffrées contiennent 5 fac-similés de lettres de Vocanson (sic), Mably, Condillac, Mounier et Barnave, donnant ainsi un échantillon de leur écriture et de leur signature.

Les 2 planches gravées hors texte représentent 4 figures qui illustrent le Mémoire sur les asphaltes, de Itier et un enfant atteint de mélanisme partiel (en face de la p.378). 

Le grand plan dépliant est la reproduction lithographiée d'un plan de Grenoble, trouvé par J.-J. Pilot dans les archives de la ville. Il le date de 1548. Il illustre son étude lue lors de la séance du 18 décembre 1841 (voir ci-dessus). Les légendes, en particulier les noms de rue, ont été ajoutées par J.-J. Pilot, pour en « faciliter l'intelligence ».

Tome III

Grenoble, Imprimerie de Prudhomme, 1843, in-8° (210r x 130r mm), 506 pp., 9 planches gravées hors texte, dont 4 dépliantes.

Comme le précédent, l'ouvrage est organisé par séances, qui couvrent celles du 27 janvier 1843 au 28 mars 1845. A partir ce tome, la rubrique contenant des extraits d'ouvrages et de journaux a été abandonnée.

Quelques communications intéressantes dans ce 3e tome :

Notice biographique [bibliographique] des ouvrages de D. Villars, par H. Gariel (séance du 26 janvier 1844 - pp. 168-174). Premier essai de bibliographie complète, incluant des manuscrits et des mémoires non publiés. Contient 57 numéros. A la fin, courte notice sur les notices biographiques de D. Villars.

Introduction à un essai sur la constitution géologique des Alpes centrales de la France et de la Savoie, par Scipion Gras, ingénieur des mines (séance du 20 décembre 1844 - pp. 282-328). Cette étude couvre le Haut-Faucigny, la Haute-Savoie, la Tarentaise, la Maurienne, le Briançonnais, le Queyras, l'Oisans, le Valgodemard, le Trièves et le Graisivaudan. Il cite comme sommet notable« le mont Pelvoux, haut de 4105 mètres.  » Il s'agit essentiellement d'une analyse descriptive des roches composant ces massifs et de leur organisation. L'histoire géologique n'est que brièvement abordée. Ce texte, sous-titré « Considérations préliminaires » n'est que l'introduction d'un ouvrage à venir que Scipion Gras annonce divisé en « quatre parties distinctes. » : terrains cristallisés, terrain anthracifère, terrain jurassique et roches métamorphiques.

Note sur un chauffoir romain découvert à Uriage en 1844, par M. de Saint-Ferréol  (séance du 24 janvier 1845, pp. 331-334), avec une grande planche dépliante. Ce texte a été repris dans Uriage et ses environs. Guide pittoresque et descriptif, par A. Michel-Ladichère, 1858, pp. 37-39 (voir ici).

Suite des Recherches sur l'histoire municipale de Grenoble, par J.-J. Pilot (séance du 1er mars 1845 - pp. 342-491), avec une table en fin (pp. 490-491). L'ensemble a été tiré à part : Histoire municipale de Grenoble, par J.-J.-A.-D. Pilot, Grenoble, Imprimerie de Prudhomme, 1843, in-8°, 231 pp (voir ici).

Comme dans les tomes précédents, mais de façon encore plus marquée, les mémoires sur les eaux minérales (localisations, exploitations, compositions, vertus médicinales, etc.) sont nombreux et variés.

Tables des matières (pp. 505-506).

Tome IV

Grenoble, Imprimerie de Prudhomme, 1846, in-8° (210r x 132r mm), 451-[1] pp., 9 planches gravées hors texte, dont 2 dépliantes.

Comme le précédent, l'ouvrage est organisé par séances, qui couvrent celles du 2 mai 1845 au 22 février 1847.

Quelques communications intéressantes dans ce 4e tome :

Essai historique et statistique sur l'Oisans, par M. Roussillon, Docteur-Médecin au Bourg d'Oisans (séance du 4 avril 1846 - pp. 82-144). Il en a été fait un tiré à part : L'Oisans, essai historique et statistique, Grenoble, 1847 (voir ici une notice complète).

Nicolai Chorerii Viennensis J. C. Adversariorum de vita et rebus suis libri III, publié par Hyacinthe Gariel (séance du 4 avril 1846 - pp. 145-288). Publication des mémoires de Nicolas Chorier, avec ce court texte d'introduction : « M. Gariel présente ensuite à la Société les mémoires inédits de Chorier, écrits par lui-même. Ces mémoires sont écrits en latin, M. Gariel propose de les insérer dans le Bulletin avec des notes biographiques et bibliographiques qu'il se charge de rédiger. La proposition , accueillie comme elle le devait être et renvoyée suivant la règle à la commission de publication, a été adoptée avec empressement. Voici ce précieux document : » (p. 145).  A la fin de la publication du texte lui-même des mémoires (p. 262), les notes biographiques sont introduites par : « M. Ludovic Vallentin communique à la société les notes biographiques suivantes sur les mémoires qui précèdent : ». Ainsi sont clairement établies les responsabilités respectives de Hyacinthe Gariel et Ludovic Vallentin dans l'établissement de cette édition. Après cette publication dans le Bulletin, une édition tirée à part a été envisagée. Elle n'a jamais été menée à bout. Il en existe des exemplaires incomplets  (voir ici une notice complète).

Presque toute la fin de l'ouvrage est consacrée à la publication d'une étude d'Albin Gras :
Description des oursins fossiles du département de l'Isère, précédée de notions élémentaires sur l'organisation & la glossologie de cette classe de zoophytes et suivie d'une notice géologique sur les divers terrains de l'Isère (pp. 289-390). Cette partie est illustrée de 6 planches lithographiées, dont 5 représentent des oursins fossiles avec, en regard, un feuillet avec «  explication de la planche » (inclus dans la pagination) et une dernière planche avec une carte. Cette première partie est complétée par : Supplément et errata au mémoire sur les oursins fossiles du département de l'Isère, illustré d'une planche supplémentaire (pp. 444-451). L'ensemble a été tiré à part, avec le même titre : Grenoble, Ch. Vellot ; Paris, V. Masson (Grenoble, Imp. de Prudhomme), 1848, in-8°, 96 pp., 7 pl.

Considérations sur les anciens lits de déjection des torrents des Alpes et sur leur liaison avec le phénomène erratique, par M. Scipion Gras (Séances des 16 et 22 février 1847 - pp. 421-441). Etude sur les anciens cônes (ou lits) de déjection des torrents éteints. Dans les Hautes-Alpes, il étudie en particulier le cas d'une ancien torrent à Savines, ainsi que d'autres cas dans le département. Il s'intéresse aussi aux lits de déjection éteints de l'Isère. Dans sa recherche des causes, il émet l'hypothèse que ces cônes de déjection se sont créés après le retrait des glaciers, d'où le lien avec les blocs erratiques. Il lie cependant le phénomène directement à l'absence de végétation suite au retrait des glaciers, plus qu'au volume beaucoup plus important d'eau des torrents au moment de la fusion des glaciers. Ce biais s'explique par l'importance qu'il donne au dénudement des montagne dans le phénomène torrentiel, dans la continuité de Surell.

Table des matières (dernière page non chiffrée, p. [452])

On sent une inflexion dans ce dernier tome de la première série. Plutôt que la publication de nombreuses études, parfois de faible importance, ce tome contient surtout trois grandes études, qui ont d'ailleurs toutes les trois faites l'objet d'une publication à part. De même, la fin de l'ouvrage introduit l'abandon du découpage de la présentation par séance.

Deuxième série :

Tome I

Grenoble, Maisonville, Imprimeur de la Société ; Grenoble, Chez les principaux libraires, 1851, in-8° (225r x 140r mm), [4]-428 pp., 2 planches gravées dépliantes hors texte.

A partir du premier tome de cette nouvelle série, l'organisation par séance est abandonnée. Le bulletin est publié par livraison (il y en a 4 dans ce tome, avec les deux premières ensemble), chaque livraison obéissant à un plan fixe :
I. — Mémoires et Notices.
II. — Compte-rendu des Séances.
III. — Faits divers et nouvelles locales : Sciences naturelles, Agriculture, Industrie.
IV. — Revue scientifique et industrielle : Agriculture, Botanique, Physiologie, Médecine, Zoologie, Physique, Industrie
V. — Revue bibliographique. Ouvrages imprimés […] dans le département de l'Isère, ou publiés par des auteurs nés dans ce département.

On apprend dans la Revue bibliographique que les 1re et 2e livraisons ont paru en novembre 1850, tirées à 400 exemplaires (p. 224). C'est le même nombre pour la 2e livraison par exemple (voit Tome II, p. 179).

Contient en fin une Liste des membres de la Société de Statistique de l'Isère (pp. 423-424), une Table des matières (pp. 425-426) et une Table alphabétique (pp. 427-428).

Quelques communications intéressantes dans ce 1er tome :

Note sur les dégradations naturelles qu'éprouvent dans les Alpes les bois situés au pied des escarpements, par M. Scipion Gras, Ingénieur en chef des Mines (pp. 33-46). Parmi toutes les causes de déboisement, il s'intéresse à une cause jamais étudiée : « la dégradation naturelle et incessante que les fortes pluies font éprouver aux bois situés sur des terrains très-inclinés, au pied des grands escarpements. »

Deux années de l'histoire de Grenoble (depuis la suspension de louis XVI (10 août 1792) jusqu'a la chute de Robespierre (9 thermidor an 2 (27 juillet 1794)), par M. Albin Gras, Docteur en médecine. (pp. 48-182). Cette histoire a été écrite sur la base des « journaux du temps publiés à Grenoble, dans les registres des délibérations du directoire du département et du district, du conseil général de la commune, dans un grand nombre de pièces imprimées à Grenoble pendant la Révolution, et enfin dans les souvenirs de plusieurs contemporains. » Contient 9 pièces justificatives et des Notices biographiques sur les principaux personnages dont il a été question dans l'histoire qui précède. Il en a été fait un tiré à part avec le même titre : Grenoble, Impr. de N. Maisonville, 1850, in-8°, 140 p., paru en novembre 1850 (voir p. 224 de ce tome).

Recherches sur l'histoire municipale de Grenoble, par M. J.-J.-A Pilot (pp. 313-342). Les travaux sur l'histoire municipale publiés dans la première série formait un tout, qui avait été tiré à part. Dans cette deuxième série, J.-J-A. Pilot reprend ses publications, par une série de notices « devant faire suite à ces recherches et compléter en quelque sorte un travail sur l'ancienne organisation municipale de notre ville ». Ces premières notices publiées dans ce tomes portent plus spécifiquement « sur l'ancienne maison commune, le beffroi, la garde urbaine, l'horloge, les archives, le sceau, les armoiries de la ville, etc., etc. » (p. 313).

Tome II

Grenoble, Maisonville, Imprimeur de la Société ; Grenoble, Chez les principaux libraires, 1854, in-8° (226r x 144r mm), [4]-456 pp., 6 planches lithographiées hors texte, une grande planche dépliante hors texte.

L'organisation de ce tome est identique au précédent. Il y a aussi 4 livraisons, les deux premières ayant paru ensemble. En revanche, le tirage n'est plus que de 200 exemplaires (voir p. 324 et 440 de ce tome).

Quelques communications intéressantes dans ce 2e tome :

J.-J.-A. Pilot poursuit la publication de l'histoire municipale de Grenoble :
Notice sur les anciens cimetières de Grenoble, par M. J.-J.-A. Pilot (pp. 130-146)
Recherches sur l'histoire municipale de Grenoble, par M. J.-J.-A. Pilot. (pp. 247-294), puis (pp. 377-432)

Positions géographiques et hauteurs absolues des principaux points de la nouvelle carte de France (pp. 328-349) :
« Nous devons à l'obligeance de M. Perrotin, officier d'état-major, la communication des tableaux suivants, contenant les positions et les hauteurs des principaux points de notre département et de quelques localités voisines déterminées trigonométriquement par MM. les officiers d'état-major chargés de dessiner la nouvelle carte de France. » Suivent 5 tableaux, correspondants aux feuilles de Lyon, Belley, Grenoble, Vizille et Briançon . Chaque tableau contient : « Positions géographiques et hauteurs absolues des principaux points de la feuille de […] (nouvelle carte de France). » Dans le tableau de la feuille de Briançon, apparaissent les Ecrins : « Arsines (pointe des) ou les Ecrins » avec l'altitude de 4103 m., le Pelvoux, avec la mention « signal » et une altitude de 3937 m. Il fait aussi apparaître : « Pelvoux (pic pris pour le) », avec l'altitude de 4178 m. La Meije, même sous son nom d'Aiguille du Midi, n'apparaît pas.
Les tableaux correspondants aux feuilles de Vizille et Briançon ont été reproduits en Appendice de l'Essai descriptif sur l'Oisans, d'Aristide Albert, 1854, pp. I-VIII.

Contient en fin une Table des matières (pp. 453-454) et une Table alphabétique (pp. 455-456).

Tome III

Grenoble, Maisonville, Imprimeur de la Société ; Grenoble, Chez les principaux libraires, 1856, in-8° (225r x 144r mm), [4]-488 pp.

L'organisation de ce tome est similaire au précédent, quoique simplifiée, en une seule livraison semble-t-il. Le plan est :
I. — Mémoires et Notices.
II. — Compte-rendu des Séances.
III. — Revue scientifique et industrielle

Quelques communications intéressantes dans ce 2e tome :

Grenoble en 1814 et 1815, par M. Albin Gras, docteur en médecine (pp. 1-86). Récit historique qui concerne essentiellement les événements militaires qui ont affecté Grenoble à la fin de l'Empire (chute de l'Empire, retour de Napoléon, Cent-Jours, invasion de la France). Contient en fin 9 pièces justificatives etdes Notices biographiques sur les principaux personnages dont il a été question dans l'histoire qui précède. Il en a été fait un tiré à part, avec le même titre : Grenoble, Impr. de Maisonville, 1854, in-8° , 87 p.

Études sur la géographie et l'histoire du Dauphiné, depuis les temps les plus reculés jusqu'a l'établissement des barbares au Ve siècle de notre ère, par Antonin Macé (pp. 122-145). Il s'agit essentiellement d'une étude sur les peuples anciens du Dauphiné et leur localisation. Antonin Macé introduit son travail : « Je cède aux vœux de quelques amis, en consentant à laisser imprimer les pages suivantes ; mais je ne me dissimule pas combien elles laissent à désirer. Destinées principalement à servir d'introduction à un ouvrage sur le Dauphiné, que préparait un membre de la Société de statistique, ces notions sur la géographie primitive de notre province avaient dû être resserrées dans un cadre étroit. Voilà pourquoi, devant être lu par les gens du monde beaucoup plutôt que par les savants, j'ai été obligé, dans ce court résumé de longs travaux, d'affirmer sans prouver. » Cet ouvrage sur l'histoire du Dauphiné n'a probablement jamais paru, à moins qu'il s'agisse de l'Histoire du Dauphiné, de Jules Taulier qui a justement paru en 1855. Quelques années plus tard, sur le même thème, Antonin Macé publiera : Mémoire sur la géographie du Dauphiné et de la Savoie, avant et pendant la domination romaine, accompagné d'une carte de ces deux contrées, Grenoble, Maisonville et fils, 1863, in-8°, 56 pp.

Recherches sur l'histoire municipale de Grenoble (suite.), par M. J.-J.-A. Pilot (pp. 233-269), (pp. 344-353) et (pp. 391-395). Tout ce qui a paru dans ces Bulletins de la 2e série a fait l'objet d'un tiré à part : Histoire municipale de Grenoble. IIe partie, Grenoble, N. Maisonville, imprimeur de la Société, décembre 1851, in-8° (226 x 144 mm.), 168 pp. (voir ici).

Extrait d'une notice historique, lue par M. l'abbé Galloix (pp. 353-369) : notice biographique sur Jean Emé, sire de Molines, extraite d'un mémoire encore inédit, appartenant à la famille de Marcieu. Pour plus de détails, voir ici.

Contient en fin une Table des matières (pp. 463-464) et une Table alphabétique (pp. 465-468).

Commentaire personnel

Au gré de la lecture de ces volumes pour préparer cette notice, j'ai relevé ces deux passages, probablement assez illustratifs de l'esprit de cette bourgeoise cultivée et industrieuse de Grenoble.

Dans une Notice sur quelques branches d'industrie du canton de La Mure, lue par M. Guillot, aîné lors de la  séance du 49 juin 1840, à propos des ouvriers qui fabriquent des clous :
« D'après les renseignements que nous nous sommes procurés, la journée d'un ouvrier en moyenne ne s'élève pas au delà d'un franc vingt-cinq centimes ; ce salaire, bien que modique, pourrait suffire à la nourriture et à l'entretien des ouvriers s'ils étaient plus économes ; les plus habiles pourraient même faire quelques petites économies ; mais une grande partie du fruit de leur travail est absorbée par les dépenses de cabaret, que malheureusement les ouvriers de la Motte, dont le nombre dépasse trois cents , ont la facilité de payer avec des clous. C'est une monnaie de billon qui a cours depuis longtemps dans les communes de la Motte-Saint-Martin et de la Motte-d'Aveillans; les cabaretiers qui la reçoivent sont assurés de trouver à la Mure un agent de change dans chaque marchand de clous. »
(Tome I, 1838, p. 395)

Une discussion s'engage après la lecture d'une Notice sur un fœtus monstrueux, présentée par le Dr Charvet lors de la séance du 27 janvier 1843 :
« Un membre fait observer que [les monstruosités] sont particulièrement fréquentes chez les individus du sexe féminin, et que ce fait s'applique [sic, probablement pour s'explique] naturellement par la théorie des arrêts. D'après cette théorie, les êtres femelles aussi bien que les individus monstrueux étant produits par des espèces d'arrêts survenus dans le développement de l'organisation, les circonstances qui donnent lieu à la naissance des uns doivent être favorables à la formation des autres. »
(Tome III, 1843, pp. 11-12).

Références  (Voir : Liste des sources et références)

La collection est consultable sur Gallica : cliquez-ici.

Perrin, 783, pour la collection complète de 1838 à 1902 (32 volumes) :  « La plus précieuse de nos publications savantes, Dauphinoises. »
BNF : S-17350